Lexique Droit et cadre

ANI télétravail du 26 novembre 2020 : définition et portée

  • 2 min de lecture
  • Mis à jour le

Définition

ANI télétravail : Accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 sur la mise en œuvre réussie du télétravail, étendu en 2021 : il rappelle le droit applicable et guide la négociation dans les entreprises.

Aussi appelé

  • ANI du 26 novembre 2020
  • accord national interprofessionnel sur le télétravail

Conclu en pleine crise sanitaire, à l’automne 2020, l’accord national interprofessionnel sur le télétravail est souvent invoqué, plus rarement lu. Il crée peu d’obligations nouvelles, mais il éclaire la loi et sert de référence pour négocier un accord ou rédiger une charte.

Ce qu’est l’ANI de 2020

L’accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 relatif à la mise en œuvre réussie du télétravail a été conclu par trois organisations patronales (MEDEF, CPME, U2P) et quatre syndicats de salariés (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC). La CGT ne l’a pas signé. Il prolonge l’ANI du 19 juillet 2005, dont il remplace les articles 2 et 3, et s’articule avec les articles L1222-9 et suivants du Code du travail.

Conclu pour une durée indéterminée, il a été étendu par un arrêté du 2 avril 2021, publié au Journal officiel du 13 avril : ses stipulations s’appliquent donc à tous les employeurs compris dans son champ, qu’ils adhèrent ou non à une organisation signataire.

Ce qu’il prévoit

  • Trois situations : télétravail régulier, occasionnel, ou lié à des circonstances exceptionnelles ou à la force majeure, au domicile ou dans un tiers-lieu.
  • Le double volontariat, hors circonstances exceptionnelles, avec une période d’adaptation et des règles de réversibilité pour le télétravail régulier.
  • Une information écrite du salarié qui accède au télétravail régulier : rattachement, évaluation de la charge, équipements, frais.
  • L’organisation du travail : mêmes droits qu’un salarié sur site, contrôle du temps de travail, plages de joignabilité fixées en concertation, droit à la déconnexion, entretien annuel sur les conditions d’activité et la charge de travail.
  • Les frais professionnels : rappel de leur prise en charge par l’employeur, sans fixer de montant ; l’arrêté d’extension précise que la validation de l’employeur doit précéder la dépense (voir les frais de télétravail).
  • Le management et la santé : formation des managers, prévention de l’isolement, attention aux nouveaux embauchés, prise en compte du télétravail dans l’évaluation des risques.
  • Les crises : anticipation dans un plan de continuité, consultation du CSE dans les plus brefs délais.

Sa portée juridique pour les entreprises

Les signataires le présentent comme un outil d’aide au dialogue social et un appui à la négociation. Une large part du texte rappelle la loi ou formule des recommandations. Quelques stipulations sont toutefois rédigées comme des règles : période d’adaptation, information écrite du télétravailleur régulier, entretien annuel.

L’ANI ne dispense pas de mettre en place le télétravail par accord, charte ou accord individuel : il en fournit la grille de lecture. Pour la définition légale, voir télétravail ; pour la mise en œuvre, le chapitre Télétravail en France : le cadre juridique et la trame de charte télétravail.

Termes liés

Questions fréquentes

L’ANI de 2020 s’impose-t-il à une PME ?

Oui pour les employeurs compris dans son champ, puisque l’accord a été étendu par arrêté du 2 avril 2021. Mais l’essentiel du texte rappelle la loi ou recommande des bonnes pratiques. Les obligations concrètes viennent surtout du Code du travail (article L1222-9 et suivants) et, dans l’entreprise, de l’accord, de la charte ou de l’accord individuel qui organise le télétravail.

L’ANI fixe-t-il un montant d’indemnité de télétravail ?

Non. Il rappelle que les frais engagés par le salarié dans le cadre de l’exécution de son contrat de travail sont supportés par l’employeur, après validation de celui-ci ; l’arrêté d’extension précise que cette validation doit intervenir avant la dépense. Il indique que l’allocation forfaitaire éventuellement versée est exonérée de cotisations et contributions sociales dans la limite des seuils prévus par la loi, sans les chiffrer, et laisse les modalités au dialogue social de l’entreprise.

Quelle différence entre l’ANI de 2005 et celui de 2020 ?

L’ANI du 19 juillet 2005 a posé le cadre conventionnel interprofessionnel du télétravail. Celui de 2020 ne l’abroge pas : il en remplace les articles 2 et 3 par des stipulations plus détaillées sur le double volontariat, la forme de l’accord, le refus, la période d’adaptation et la réversibilité. Il ajoute surtout ce que la crise sanitaire a mis en lumière : télétravail en cas de circonstances exceptionnelles, management à distance et prévention de l’isolement.

Sources

  1. Légifrance : accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 relatif à la mise en œuvre réussie du télétravail legifrance.gouv.fr
  2. Légifrance : arrêté du 2 avril 2021 portant extension de l’accord national interprofessionnel pour une mise en œuvre réussie du télétravail (JORF du 13 avril 2021) legifrance.gouv.fr
  3. Service-Public : télétravail du salarié dans le secteur privé (textes de référence) service-public.gouv.fr
  4. Code du travail numérique : article L1222-9 du Code du travail code.travail.gouv.fr
  5. Code du travail numérique : article L1222-11 du Code du travail code.travail.gouv.fr