Lexique Droit et cadre

Droit à la déconnexion : définition et obligations de l’employeur

  • 2 min de lecture
  • Mis à jour le

Définition

Droit à la déconnexion : Droit du salarié de ne pas être sollicité par ses outils numériques professionnels en dehors de son temps de travail, que l’employeur organise par accord ou, à défaut, par charte (art. L2242-17 du Code du travail).

Aussi appelé

  • déconnexion
  • right to disconnect

Le droit à la déconnexion n’impose pas d’éteindre les serveurs à 19 heures. Il oblige l’entreprise à organiser, par accord ou par charte, le droit de chaque salarié à ne pas être sollicité pendant ses temps de repos. Voici ce que dit le texte et comment le faire vivre dans une équipe.

Définition

Le droit à la déconnexion est le droit, pour un salarié, de ne pas être joint ni de se connecter à ses outils numériques professionnels (messagerie, téléphone, outils collaboratifs) en dehors de son temps de travail. Il sert à garantir le respect des temps de repos et de congé ainsi que de la vie personnelle et familiale. Il est entré dans le Code du travail le 1er janvier 2017, par l’article 55 de la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016, dite loi Travail, qui l’a inscrit à l’article L2242-8, devenu depuis l’article L2242-17.

Ce que prévoit le Code du travail

L’article L2242-17 (7°) range parmi les thèmes de la négociation sur l’égalité professionnelle et la qualité de vie et des conditions de travail « les modalités du plein exercice par le salarié de son droit à la déconnexion », ainsi que la mise en place de dispositifs de régulation de l’utilisation des outils numériques. Cette négociation concerne les entreprises où sont constituées une ou plusieurs sections syndicales d’organisations représentatives (article L2242-1).

À défaut d’accord, l’employeur élabore une charte après avis du comité social et économique. Elle fixe les modalités d’exercice du droit et prévoit des actions de formation et de sensibilisation à un usage raisonnable des outils numériques, pour les salariés comme pour l’encadrement et la direction.

Deux autres textes y renvoient : l’accord qui instaure un forfait annuel en jours doit préciser comment le salarié exerce son droit à la déconnexion (article L3121-64), et l’accord ou la charte de télétravail fixe les plages horaires durant lesquelles l’employeur peut habituellement contacter le télétravailleur (article L1222-9). Le cadre juridique du télétravail détaille ce second point.

Le traduire en règles d’équipe

  • Des plages de joignabilité explicites : en dehors, aucun message n’appelle de réponse avant le lendemain.
  • Une définition de l’urgence et un canal unique pour la signaler, consignés dans la charte de communication de l’équipe.
  • L’envoi différé pour le manager : un message reçu à 23 heures se lit comme une attente, même quand il n’en est pas une.
  • Des congés réellement coupés : message d’absence, relais désigné, notifications désactivées.
  • La charge de travail au menu des points individuels : des connexions tardives répétées signalent plus souvent une surcharge qu’un excès de zèle, et nourrissent l’hyperconnexion.

Le chapitre du guide consacré au bien-être, à la charge de travail et à la déconnexion propose une démarche complète pour l’équipe.

Termes liés

Questions fréquentes

Une PME sans section syndicale doit-elle avoir une charte de déconnexion ?

L’article L2242-17 vise les entreprises soumises à la négociation obligatoire, c’est-à-dire celles où existe au moins une section syndicale d’organisation représentative. Une PME qui n’en a pas n’est pas tenue par ce texte. Elle l’est en revanche par l’article L3121-64 si elle emploie des salariés au forfait jours, par l’article L1222-9 si elle encadre le télétravail par accord ou charte, et par l’obligation générale de protéger la santé des salariés. Une charte courte reste le moyen le plus simple de montrer que la déconnexion est organisée.

Le droit à la déconnexion concerne-t-il aussi les cadres et les managers ?

Oui. Le texte parle du « salarié », sans distinction de statut, et la charte doit prévoir des actions de sensibilisation pour le personnel d’encadrement et de direction. Les cadres au forfait jours sont même visés directement par l’article L3121-64. Pour un manager, l’enjeu est double : exercer ce droit pour lui-même et ne pas le rendre impraticable pour son équipe par ses propres habitudes d’envoi.

Le droit à la déconnexion interdit-il d’envoyer des e-mails le soir ?

Non. Le Code du travail ne fixe pas d’heure de coupure : il renvoie à l’accord ou à la charte le soin de définir les modalités et les dispositifs de régulation des outils numériques. Certaines entreprises choisissent des mesures techniques, d’autres de simples règles de conduite. L’essentiel est ailleurs : qu’un message reçu hors des plages convenues n’appelle aucune réponse avant la reprise, que la charte l’écrive noir sur blanc et que personne ne soit valorisé pour avoir répondu la nuit.

Sources

  1. Code du travail numérique : article L2242-17 du Code du travail code.travail.gouv.fr
  2. Code du travail numérique : article L2242-1 du Code du travail code.travail.gouv.fr
  3. Code du travail numérique : article L3121-64 du Code du travail (forfait en jours) code.travail.gouv.fr
  4. Code du travail numérique : article L1222-9 du Code du travail (télétravail) code.travail.gouv.fr
  5. Légifrance : loi n° 2016-1088 du 8 août 2016, article 55 (droit à la déconnexion, entrée en vigueur le 1er janvier 2017) legifrance.gouv.fr