Lexique Droit et cadre

Télétravail : définition légale et formes possibles en entreprise

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Définition

Télétravail : Organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait pu être fait dans les locaux de l’employeur est réalisé ailleurs, de façon volontaire, au moyen des outils numériques (art. L1222-9 du Code du travail).

Aussi appelé

  • travail à distance
  • remote
  • home office

Le télétravail ne se résume pas à « travailler de chez soi ». Le Code du travail en donne une définition précise, dont découlent les droits du salarié et les obligations de l’employeur. Encore faut-il savoir la lire.

La définition du Code du travail

L’article L1222-9 du Code du travail définit le télétravail comme toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux, de façon volontaire, en utilisant les technologies de l’information et de la communication. Trois critères en découlent, et ils sont cumulatifs :

  • un travail réalisable sur site : la tâche aurait pu être accomplie dans les locaux ;
  • le volontariat, hors circonstances exceptionnelles ;
  • l’usage des outils numériques pour travailler et rester en lien avec l’entreprise.

Le lieu peut être le domicile du salarié ou un tiers-lieu, comme un espace de coworking. Le télétravailleur a les mêmes droits que le salarié qui travaille dans les locaux. Sa mise en place passe par un accord collectif, une charte ou un accord individuel : le cadre juridique du télétravail détaille ces trois voies.

Régulier, occasionnel, exceptionnel : trois formes

L’accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 distingue trois façons de télétravailler.

  • Le télétravail régulier suit un rythme fixé à l’avance, par exemple un ou deux jours par semaine. C’est la base du travail hybride.
  • Le télétravail occasionnel répond à un besoin ponctuel : quelques jours ou semaines dans l’année. La loi ne pose aucune condition de régularité ; il entre donc pleinement dans la définition.
  • Le télétravail exceptionnel relève de l’article L1222-11 : en cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou de force majeure, l’employeur peut l’imposer comme un aménagement du poste de travail.

La fréquence s’exprime en jours par semaine, par mois, ou en forfait de jours par semestre ou par an, des formules que les accords et les chartes de télétravail reprennent.

Ce qui n’est pas du télétravail

  • Les métiers itinérants (commercial terrain, technicien d’intervention) : l’activité ne pourrait pas s’exercer dans les locaux, le premier critère manque.
  • Le travail dans un autre établissement de l’entreprise : le salarié reste dans les locaux de l’employeur.
  • Le travail à domicile des articles L7412-1 et suivants : c’est un statut particulier, celui d’un salarié qui exécute chez lui des travaux pour une entreprise contre une rémunération forfaitaire fixée à l’avance. Le télétravailleur n’est pas un travailleur à domicile.
  • La consultation de ses e-mails le soir : ce n’est pas du télétravail, mais une question de droit à la déconnexion.

Termes liés

Questions fréquentes

Le télétravail occasionnel doit-il être prévu par écrit ?

Si l’entreprise a un accord collectif ou une charte, ses règles s’appliquent : délai de demande, nombre de jours, interlocuteur. Sans accord ni charte, l’employeur et le salarié formalisent leur accord par tout moyen, et un échange d’e-mails peut suffire. Les signataires de l’ANI du 26 novembre 2020 soulignent l’utilité d’un écrit, quel qu’il soit : il permet de prouver l’accord en cas de désaccord ultérieur ou d’accident survenu un jour de télétravail.

L’employeur peut-il imposer le télétravail ?

En temps normal, non : le télétravail repose sur le double volontariat, et le refus du salarié n’est pas un motif de rupture du contrat. L’exception est prévue par l’article L1222-11 : en cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou de force majeure, l’employeur peut décider seul de recourir au télétravail pour assurer la continuité de l’activité et protéger les salariés.

Peut-on télétravailler depuis un espace de coworking ?

Oui. L’ANI de 2020 cite expressément les tiers-lieux, comme les espaces de coworking, parmi les lieux possibles du télétravail. L’accord ou la charte de l’entreprise peut toutefois encadrer les lieux autorisés, par exemple pour des raisons de confidentialité, de sécurité des connexions ou d’assurance. Avant de travailler ailleurs qu’à son domicile habituel, le salarié a donc intérêt à vérifier ce que prévoient les règles internes.

Sources

  1. Code du travail numérique : article L1222-9 du Code du travail code.travail.gouv.fr
  2. Code du travail numérique : article L1222-11 du Code du travail code.travail.gouv.fr
  3. Légifrance : accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020 relatif à la mise en œuvre réussie du télétravail legifrance.gouv.fr
  4. Service-Public : télétravail du salarié dans le secteur privé service-public.gouv.fr
  5. Service-Public : travailleur à domicile service-public.gouv.fr