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Système d’IA à haut risque : définition au sens de l’AI Act

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Définition

Système d’IA à haut risque : Système d’IA soumis aux exigences les plus strictes de l’AI Act, parce qu’il équipe un produit réglementé ou sert un usage sensible listé à l’annexe III, dont le recrutement et la gestion des salariés.

Aussi appelé

  • IA à haut risque
  • high-risk AI system

Le règlement européen sur l’intelligence artificielle module les obligations selon le niveau de risque. La catégorie « haut risque » concentre l’essentiel des exigences, et l’emploi y figure en toutes lettres. Tout employeur qui utilise un outil d’IA pour recruter, évaluer ou répartir le travail doit savoir s’il est concerné.

Définition dans le règlement européen

Le règlement (UE) 2024/1689, dit AI Act, qualifie un système d’IA de haut risque dans deux cas, fixés par son article 6. Premier cas : le système est un composant de sécurité d’un produit réglementé (machine, jouet, dispositif médical…), ou ce produit lui-même, soumis à une évaluation de conformité par un tiers. Second cas : son usage figure à l’annexe III, qui liste des domaines sensibles comme la biométrie, l’éducation, l’accès aux services essentiels ou l’emploi. Un système de l’annexe III peut échapper à la qualification s’il ne présente pas de risque important, par exemple parce qu’il exécute une tâche procédurale étroite ; cette dérogation ne joue jamais lorsqu’il effectue un profilage de personnes.

Les usages RH concernés

Le point 4 de l’annexe III vise deux familles d’outils :

  • le recrutement et la sélection : diffusion d’offres d’emploi ciblées, analyse et filtrage des candidatures, évaluation des candidats ;
  • la gestion des relations de travail : décisions sur les conditions de travail, la promotion ou la rupture du contrat, attribution des tâches selon le comportement ou les traits personnels, suivi et évaluation des performances et du comportement.

Un logiciel de tri de CV, un outil de notation des performances ou un agent IA qui répartit le travail selon le profil de chacun peuvent donc entrer dans la catégorie. La reconnaissance des émotions au travail est, elle, interdite depuis le 2 février 2025, sauf raisons médicales ou de sécurité.

Les obligations qui en découlent

Le fournisseur porte l’essentiel des exigences : gestion des risques, qualité des données, documentation, évaluation de conformité. L’employeur utilisateur, appelé déployeur, doit notamment (article 26) suivre la notice d’utilisation, confier le contrôle humain à des personnes compétentes et investies de l’autorité nécessaire, surveiller le fonctionnement du système, conserver au moins six mois les journaux qu’il maîtrise, et informer les représentants du personnel et les salariés concernés avant la mise en service. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE est en outre consulté sur l’introduction de nouvelles technologies (article L2312-8 du Code du travail). Pour l’annexe III, ces obligations s’appliquent à partir du 2 décembre 2027 : le règlement « omnibus » sur l’IA, entré en vigueur le 27 juillet 2026, a repoussé l’échéance initiale du 2 août 2026. Le détail figure dans notre point sur l’AI Act et les obligations de l’employeur ; le chapitre IA et management en tire les conséquences pour l’organisation.

Termes liés

Questions fréquentes

Un assistant d’IA générative utilisé par les RH est-il à haut risque ?

Pas en soi : un assistant généraliste n’est pas conçu pour recruter ou évaluer. Mais s’il sert à filtrer des candidatures ou à noter des salariés, l’usage relève de l’annexe III, et l’article 25 du règlement prévoit que celui qui modifie ainsi la destination d’un système devient soumis aux obligations d’un fournisseur. Mieux vaut cantonner ces outils à la rédaction et à la synthèse.

Quelles sanctions en cas de manquement ?

Le non-respect des obligations des fournisseurs et des déployeurs de systèmes à haut risque est passible d’une amende pouvant atteindre 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires annuel mondial de l’exercice précédent, le montant le plus élevé étant retenu. Pour les PME, y compris les jeunes entreprises, c’est le montant le plus bas des deux qui sert de plafond (article 99).

Une PME est-elle concernée ?

Oui : les obligations du déployeur ne dépendent pas de la taille de l’entreprise. Une PME qui utilise un outil de recrutement ou d’évaluation fondé sur l’IA doit respecter les mêmes règles d’usage, de contrôle humain et d’information. Elle bénéficie en revanche de plafonds d’amende plus bas. Premier réflexe : demander par écrit au fournisseur si son outil est classé à haut risque et obtenir sa notice d’utilisation.

Sources

  1. Règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle (EUR-Lex) eur-lex.europa.eu
  2. AI Act, article 6 : règles de classification des systèmes à haut risque artificialintelligenceact.eu
  3. AI Act, annexe III : systèmes d’IA à haut risque artificialintelligenceact.eu
  4. AI Act, article 26 : obligations des déployeurs artificialintelligenceact.eu
  5. Commission européenne : cadre réglementaire de l’IA et omnibus IA digital-strategy.ec.europa.eu
  6. Code du travail, article L2312-8 code.travail.gouv.fr