Définition et origine
Le management situationnel est un modèle selon lequel le manager doit adapter son style au niveau de développement du collaborateur sur une tâche donnée : sa compétence d’une part, son engagement d’autre part. Le même collaborateur peut être autonome sur un dossier et débutant sur un autre.
Paul Hersey et Kenneth Blanchard l’ont présenté en 1969 dans le Training and Development Journal sous le nom de « Life Cycle Theory of Leadership », avant de le rebaptiser « Situational Leadership » dans les années 1970. Blanchard en a ensuite tiré sa propre version, SLII, exposée en 1985 dans Leadership and the One Minute Manager. En France, le modèle circule surtout sous l’expression « management situationnel », titre d’un ouvrage de Dominique Tissier paru en 1988.
Les quatre styles
Les styles combinent deux dosages : le comportement directif, centré sur la tâche, et le comportement de soutien, centré sur la relation.
- Diriger (telling, directing) : beaucoup de consignes, peu de soutien. Pour un collaborateur motivé mais encore novice sur la tâche.
- Entraîner (selling, coaching) : beaucoup de consignes et beaucoup de soutien. Pour celui qui progresse mais dont la motivation fléchit face aux premières difficultés.
- Soutenir (participating, supporting) : peu de consignes, beaucoup d’écoute. Pour un collaborateur compétent mais hésitant à décider seul.
- Déléguer (delegating) : peu de l’un et de l’autre. Pour un collaborateur compétent et engagé.
Le but n’est pas de classer les personnes, mais de les faire progresser d’un style à l’autre jusqu’à la délégation, en relâchant les consignes à mesure que la compétence s’installe.
L’appliquer à distance
- Faire le diagnostic tâche par tâche lors du point individuel, en le partageant avec le collaborateur.
- En style directif, écrire les consignes, fournir un exemple et rapprocher les points d’étape.
- En style soutien, être joignable et poser des questions plutôt que donner des réponses.
- En style délégatif, formaliser le résultat attendu, comme dans toute délégation.
Deux écueils guettent le manager à distance : diriger tout le monde par réflexe, ce qui glisse vers le micromanagement, ou déléguer trop tôt à un nouvel arrivant isolé. Le modèle s’inscrit dans une réflexion plus large sur le leadership, développée dans le chapitre sur la posture du manager à distance.