Définition
Déléguer, c’est confier à un collaborateur une mission ou une décision qui relevait du manager, avec l’autorité et les moyens nécessaires pour la mener à bien. Le manager reste responsable du résultat devant sa propre hiérarchie : il transfère la conduite du sujet, pas sa responsabilité finale.
Cette délégation managériale ne doit pas être confondue avec la délégation de pouvoirs au sens juridique. Celle-ci permet au chef d’entreprise de transférer une partie de ses pouvoirs, et la responsabilité pénale qui s’y attache, à un délégataire. La jurisprudence de la Cour de cassation exige que ce dernier dispose de la compétence, de l’autorité et des moyens nécessaires. C’est un acte juridique à préparer avec un conseil, pas un outil d’organisation du quotidien.
Ce qu’on délègue et ce qu’on garde
Se délèguent bien les missions récurrentes qu’un collaborateur peut maîtriser, les projets qui le font progresser et les décisions proches du terrain. Restent au manager les sujets qui engagent la relation de travail (évaluation, recadrage, rémunération), les arbitrages entre membres de l’équipe et les informations confidentielles.
L’article de William Oncken et Donald Wass « Who’s Got the Monkey? », paru dans la Harvard Business Review, pose la question qui fâche : pourquoi les managers manquent-ils de temps quand leurs collaborateurs manquent de travail ? Souvent parce que les problèmes remontent au lieu d’être traités là où ils naissent.
Déléguer à distance : la méthode
- Écrire la commande : résultat attendu, échéance, critères de réussite, moyens disponibles.
- Fixer le niveau d’autonomie : proposer avant décision, décider puis informer, ou décider seul.
- Clarifier les rôles de chacun, par exemple avec une matrice RACI, et l’annoncer à l’équipe.
- Convenir des points d’étape et du canal pour signaler un blocage.
- Débriefer à la fin, au lieu de reprendre la main au premier écart.
Le niveau d’autonomie se dose selon la maturité du collaborateur sur le sujet, ce que formalise le management situationnel. Répétées et respectées, les délégations installent l’empowerment ; contrôlées à l’excès, elles glissent vers le micromanagement. Le chapitre sur la posture du manager à distance prolonge ces repères.