Lexique Leadership et posture

Leadership : définition et spécificités du leadership à distance

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Définition

Leadership : Capacité d’une personne à influencer un groupe pour l’orienter vers un but commun et obtenir son engagement volontaire, avec ou sans autorité hiérarchique.

Aussi appelé

  • leadership managérial
  • leadership à distance
  • e-leadership

Le leadership ne se décrète pas avec un titre : il se constate quand une équipe suit un cap qu’elle a fait sien. À distance, cette influence ne passe plus par la présence physique, mais par la clarté, la constance et la confiance.

Définition

Le leadership désigne la capacité d’une personne à influencer un groupe pour l’orienter vers un but commun et obtenir son engagement volontaire. Ce n’est ni un statut ni un trait de caractère, mais une relation : elle se gagne, s’entretient et se perd selon ce que fait le leader. Elle peut s’exercer sans autorité hiérarchique, par un expert ou un pair que l’équipe choisit de suivre.

Leadership et management : la différence

Abraham Zaleznik a soutenu, dans la Harvard Business Review, que managers et leaders étaient deux profils distincts : les objectifs du manager naissent de la nécessité plutôt que du désir, quand le leader adopte envers les siens une attitude personnelle et active. John Kotter, dans la même revue (« What Leaders Really Do »), y voit plutôt deux fonctions complémentaires : le leadership n’a rien de mystique, ne dépend pas du charisme et ne vaut pas mieux que le management. Pour lui, le leader prépare l’organisation au changement et l’aide à le traverser.

Sur le terrain, un responsable d’équipe a besoin des deux registres : faire tourner l’existant (planifier, organiser, suivre) et donner un cap quand le contexte bouge.

Ce que la distance change

À distance, le manager ne peut plus compter sur sa visibilité dans les bureaux ni sur les échanges de couloir. Son leadership se lit dans ce qu’il écrit, dans la clarté des priorités, dans la régularité des rituels et dans sa façon de réagir aux erreurs. Trois glissements sont à opérer :

  • De la présence à la clarté : un cap explicite, écrit et accessible à tous remplace les ajustements informels.
  • Du contrôle à la confiance : la crainte d’une baisse de productivité résiste mal à l’expérience. Dans l’essai mené chez Trip.com et publié dans Nature en 2024, les managers estimaient en moyenne, avant l’essai, que deux jours de télétravail par semaine réduiraient la productivité de 2,6 % ; après, ils lui prêtaient un effet positif de 1 %.
  • De l’autorité à l’autonomie : le leader fixe le cadre et les résultats attendus, puis laisse l’équipe s’organiser. C’est le terrain de l’empowerment.

Le style doit aussi s’ajuster à chaque collaborateur, comme le propose le management situationnel, et certains managers y ajoutent une posture de service, celle du servant leadership. Le chapitre du guide consacré au leadership à distance détaille la posture et les rituels qui l’incarnent.

Termes liés

Questions fréquentes

Peut-on être leader sans être manager ?

Oui. Le leadership repose sur l’influence, pas sur la position hiérarchique. Un expert reconnu, un chef de projet sans équipe rattachée ou un collègue qui fédère autour d’une idée peuvent exercer un leadership réel. À l’inverse, un manager peut détenir l’autorité formelle sans être suivi. Dans une équipe à distance, ces leaderships informels sont précieux : ils relaient le cap et entretiennent la coopération entre deux réunions.

Le leadership est-il inné ?

Rien ne permet de l’affirmer, et la question compte moins qu’il n’y paraît. Pour un manager, le leadership se lit dans des comportements observables : fixer un cap, l’expliquer, mobiliser les personnes, tenir ses engagements, reconnaître ses erreurs. Ces comportements se travaillent, par la pratique, le feedback de l’équipe et l’accompagnement (formation, coaching, échanges entre pairs). Le contexte pèse aussi : le même manager n’aura pas le même effet dans une équipe stable et dans une équipe en pleine réorganisation.

Faut-il voir son équipe pour bien la diriger ?

Pas nécessairement. Lorsque Google a étudié 180 de ses équipes dans le cadre du projet Aristotle, le fait de travailler dans les mêmes locaux n’était pas significativement lié à leur efficacité. Les dynamiques décisives étaient la sécurité psychologique, la fiabilité, la structure et la clarté, le sens et l’impact du travail. Le leadership à distance consiste justement à construire ces conditions sans s’appuyer sur la présence physique.

Sources

  1. John P. Kotter, « What Leaders Really Do », Harvard Business Review hbr.org
  2. Abraham Zaleznik, « Managers and Leaders: Are They Different? », Harvard Business Review hbr.org
  3. Bloom, Han et Liang, « Hybrid working from home improves retention without damaging performance », Nature, 2024 nature.com
  4. Google re:Work, « Understand team effectiveness » (projet Aristotle) rework.withgoogle.com