Lexique Santé et bien-être

Burn-out (épuisement professionnel) : définition et rôle du manager

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Définition

Burn-out : Syndrome d’épuisement professionnel lié à un stress chronique au travail, marqué par l’épuisement, la mise à distance du travail et une baisse du sentiment d’efficacité. L’OMS ne le classe pas comme une maladie.

Aussi appelé

  • épuisement professionnel
  • syndrome d’épuisement professionnel
  • burnout

Le manager n’est ni médecin ni psychologue, et ce n’est pas à lui de dire qu’un collaborateur fait un burn-out. Il est en revanche souvent le premier à voir que quelque chose change, et il a la main sur une partie des causes : la charge et l’organisation du travail.

Définition

Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est décrit par l’INRS comme un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique. On le caractérise par trois dimensions, issues des travaux de Christina Maslach :

  • l’épuisement émotionnel, le sentiment d’être vidé de ses ressources ;
  • le cynisme ou la dépersonnalisation, une mise à distance du travail et des autres ;
  • la baisse du sentiment d’accomplissement, l’impression de ne plus être à la hauteur.

L’OMS l’a inscrit dans la CIM-11 comme un phénomène lié au travail, résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré, et précise qu’il n’est pas classé comme une maladie. La Haute Autorité de santé lui consacre une fiche mémo sur le repérage et la prise en charge cliniques, publiée en 2017 et révisée en partie en 2025.

Ce que le manager peut observer

L’INRS cite parmi les signaux d’alerte le manque d’énergie, les difficultés de concentration, l’irritabilité, la dévalorisation de son travail et le désinvestissement. À distance, ils prennent des formes discrètes : messages envoyés de plus en plus tard, retrait des échanges informels, caméra systématiquement coupée chez quelqu’un qui l’allumait, retards inhabituels. Ces signaux justifient un échange, pas une conclusion. Cet échange se tient en tête-à-tête, au calme ; il part de faits (« je remarque que… ») et d’une question ouverte, sans commentaire sur la santé de la personne. Ils invitent aussi le manager à regarder sa part : charge mentale, objectifs, isolement (voir les signaux de l’isolement en télétravail).

Vers qui orienter

  • Le médecin du travail : le salarié peut demander à le rencontrer, l’employeur aussi, et la demande du salarié ne peut motiver aucune sanction (article R4624-34 du Code du travail).
  • Le médecin traitant, pour la prise en charge.
  • Les RH, pour adapter l’organisation : allègement, redistribution, aménagement.
  • En cas de détresse ou d’idées suicidaires : le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7 ; le 15 en cas d’urgence vitale.

La prévention, elle, est collective : voir les risques psychosociaux et le chapitre sur le bien-être et la charge de travail.

Termes liés

Questions fréquentes

Le burn-out est-il une maladie ?

Pas au sens des classifications de référence. L’OMS le présente dans la CIM-11 comme un phénomène lié au travail et précise qu’il n’est pas classé comme une maladie ; la HAS indique qu’il n’est pas considéré comme une maladie dans la CIM-10 ni dans le DSM-5. Les troubles qui peuvent l’accompagner ou en découler, comme la dépression ou l’anxiété, relèvent en revanche d’un diagnostic et d’une prise en charge médicale.

Le manager peut-il conseiller un arrêt de travail ?

Non : seul un médecin peut prescrire un arrêt. Le manager peut dire ce qu’il observe, sans interpréter, et encourager le collaborateur à consulter son médecin traitant ou le médecin du travail. Il peut surtout agir sur ce qui dépend de lui : alléger la charge, reporter une échéance, clarifier les priorités, et prévenir les RH pour organiser un soutien.

Comment prévenir le burn-out dans une équipe ?

L’INRS recommande une prévention collective, centrée sur le travail et son organisation : éviter de surcharger certains postes ou certaines personnes, favoriser le soutien social et éviter l’isolement, reconnaître le travail accompli, veiller à l’équité et éviter les conflits éthiques sur la qualité du travail. Un dialogue régulier en point individuel aide aussi à repérer tôt les situations qui se dégradent.

Sources

  1. INRS : épuisement professionnel ou burnout, ce qu’il faut retenir inrs.fr
  2. OMS : Burn-out an “occupational phenomenon”: International Classification of Diseases (28 mai 2019) who.int
  3. HAS : repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout (fiche mémo, 2017, mise à jour en 2025) has-sante.fr
  4. Code du travail numérique : article R4624-34 du Code du travail (visite à la demande) code.travail.gouv.fr
  5. 3114 : numéro national de prévention du suicide 3114.fr