Définition
Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, est décrit par l’INRS comme un ensemble de réactions consécutives à des situations de stress professionnel chronique. On le caractérise par trois dimensions, issues des travaux de Christina Maslach :
- l’épuisement émotionnel, le sentiment d’être vidé de ses ressources ;
- le cynisme ou la dépersonnalisation, une mise à distance du travail et des autres ;
- la baisse du sentiment d’accomplissement, l’impression de ne plus être à la hauteur.
L’OMS l’a inscrit dans la CIM-11 comme un phénomène lié au travail, résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré, et précise qu’il n’est pas classé comme une maladie. La Haute Autorité de santé lui consacre une fiche mémo sur le repérage et la prise en charge cliniques, publiée en 2017 et révisée en partie en 2025.
Ce que le manager peut observer
L’INRS cite parmi les signaux d’alerte le manque d’énergie, les difficultés de concentration, l’irritabilité, la dévalorisation de son travail et le désinvestissement. À distance, ils prennent des formes discrètes : messages envoyés de plus en plus tard, retrait des échanges informels, caméra systématiquement coupée chez quelqu’un qui l’allumait, retards inhabituels. Ces signaux justifient un échange, pas une conclusion. Cet échange se tient en tête-à-tête, au calme ; il part de faits (« je remarque que… ») et d’une question ouverte, sans commentaire sur la santé de la personne. Ils invitent aussi le manager à regarder sa part : charge mentale, objectifs, isolement (voir les signaux de l’isolement en télétravail).
Vers qui orienter
- Le médecin du travail : le salarié peut demander à le rencontrer, l’employeur aussi, et la demande du salarié ne peut motiver aucune sanction (article R4624-34 du Code du travail).
- Le médecin traitant, pour la prise en charge.
- Les RH, pour adapter l’organisation : allègement, redistribution, aménagement.
- En cas de détresse ou d’idées suicidaires : le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7 ; le 15 en cas d’urgence vitale.
La prévention, elle, est collective : voir les risques psychosociaux et le chapitre sur le bien-être et la charge de travail.