Lexique Cohésion et engagement

Intelligence collective : définition et conditions en équipe

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Définition

Intelligence collective : Capacité d’un groupe à résoudre des problèmes, à décider ou à créer plus efficacement que ses membres isolés, grâce à la façon dont il échange et coopère.

Aussi appelé

  • intelligence de groupe
  • collective intelligence

Réunir des personnes compétentes ne suffit pas à produire de bonnes décisions : certains groupes font mieux que la somme de leurs talents, d’autres passent à côté de l’évidence. L’intelligence collective désigne ce supplément, et la recherche montre qu’il dépend beaucoup de la façon dont le groupe travaille.

Définition

L’intelligence collective est la capacité d’un groupe à résoudre des problèmes, à décider ou à créer plus efficacement que ses membres ne le feraient chacun de leur côté. Le philosophe Pierre Lévy, dans L’Intelligence collective. Pour une anthropologie du cyberespace (La Découverte, 1994), la décrit comme une intelligence « partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel ».

En 2010, Anita Woolley et ses coauteurs ont publié dans Science une étude qui met en évidence un facteur d’intelligence collective, dit « facteur c », qui prédit la réussite d’un groupe sur des tâches variées. Ce facteur n’était que faiblement corrélé à l’intelligence moyenne ou maximale des membres. Il était associé à la sensibilité sociale moyenne du groupe, à une répartition équilibrée de la parole et à la proportion de femmes, cette dernière passant largement par la sensibilité sociale. La robustesse de ces résultats a été contestée depuis, notamment par Credé et Howardson en 2017, mais ils rappellent que le fonctionnement du groupe pèse autant que le talent individuel.

Les conditions de l’intelligence collective

  • Une parole répartie : quand deux personnes monopolisent l’échange, le groupe se prive des autres.
  • La sécurité psychologique : sans elle, les avis divergents restent tus.
  • Des avis recueillis avant le débat, pour éviter l’alignement sur la première opinion exprimée ou sur celle du manager.
  • Un objectif clair et une règle de décision connue : consensus, consentement ou arbitrage du responsable.
  • Une animation qui distribue la parole, synthétise et tient le temps.

La faire vivre à distance

La distance n’empêche pas l’intelligence collective : en 2014, David Engel, Anita Woolley et leurs coauteurs ont retrouvé le facteur c dans des groupes qui ne communiquaient que par messagerie écrite, sans jamais se voir. Quelques pratiques aident :

  • faire contribuer chacun par écrit dans un document partagé avant la visio, en asynchrone ;
  • utiliser les sous-groupes et les tableaux blancs partagés pour les phases de production ;
  • organiser des tours de parole explicites ;
  • écrire la décision et ses raisons, accessibles à tous.

Ces pratiques sont précieuses pour associer l’équipe à une conduite du changement. Le chapitre sur la cohésion d’équipe à distance et les formats de team building à distance en prolongent l’esprit.

Termes liés

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la pensée de groupe ?

C’est l’envers de l’intelligence collective : un groupe soudé recherche l’unanimité au point de ne plus examiner les options de façon réaliste. Le psychologue Irving Janis a décrit ce mécanisme en 1972 dans Victims of Groupthink, à partir de fiascos de politique étrangère. Parmi les parades qu’il propose : un responsable qui ne dévoile pas sa préférence d’emblée, un avocat du diable désigné à tour de rôle, des sous-groupes qui travaillent séparément et une seconde réunion pour exprimer les derniers doutes.

Un atelier d’intelligence collective, comment ça marche ?

Un atelier réunit un groupe autour d’une question précise, avec un animateur et un déroulé en phases : réflexion individuelle, partage des idées, regroupement, approfondissement en sous-groupes, puis décision selon une règle annoncée. Le cadre compte davantage que l’outil : une question bien posée, une parole distribuée, un temps tenu, et une trace écrite des choix qui sera partagée avec toute l’équipe.

Faut-il toujours viser le consensus ?

Non. Le consensus, où chacun approuve la décision, est long à obtenir et pousse parfois à des compromis tièdes. Le consentement, issu de la sociocratie, valide une proposition dès lors que personne n’y oppose d’objection importante et argumentée : il convient aux décisions qui doivent avancer. L’arbitrage du responsable après consultation reste légitime quand le temps presse ou que l’enjeu engage sa responsabilité. L’essentiel est d’annoncer la règle avant le débat, pas après.

Sources

  1. Intelligence collective (Wikipédia) fr.wikipedia.org
  2. Woolley et al., « Evidence for a Collective Intelligence Factor in the Performance of Human Groups », Science, 2010 science.org
  3. Engel et al., « Reading the Mind in the Eyes or Reading between the Lines? Theory of Mind Predicts Collective Intelligence Equally Well Online and Face-To-Face », PLOS ONE, 2014 journals.plos.org
  4. Collective intelligence (Wikipédia, version anglaise) en.wikipedia.org
  5. Pensée de groupe (Wikipédia) fr.wikipedia.org